lundi 4 juillet 2016

Neutralisation du temps sur les étapes de plaines

Les étapes de plaine :

Depuis 2012 (début de mon étude), aucune étape de plaine (non pavée) n'a échappé aux sprinteurs.

Ces étapes sont généralement relativement ennuyeuses à regarder et d'après les propos du champion du monde SAGAN, pour les coureurs également.

Ce sont surtout les courses les plus dangereuses avec des arrivées massives très rapides en milieu urbain. La foule y est extrêmement dense, avec des mouvements par nature imprévisibles. Les coureurs déboulent dans des rues qu'ils ne connaissent pas... On retient son souffle à chaque virage à angle droit...

Le risque est accentué par les équipes qui jouent le classement au temps car pour limiter les risques de cassure (perte de temps), elles font le forcing pour rester en tête, frottant avec les trains des sprinteurs...

Ces étapes n'apportent généralement aucune opportunité de gagner du temps. Au contraire, elles représentent systématiquement un risque très élevé d'en perdre, voir d'être éliminé prématurément de la course.

Depuis 2012, il y a eu 36 étapes de plaine dont 2 pavées. A l'exception près, 28 étapes sur 34 n'ont eu aucune influence sur le classement général du TOP 10 de ces 5 TDF. Pour 2 étapes, 5 cyclistes perdent 1' à 2' à cause des cassures sur le passage de la ligne. Pour 1 étape, 3 coureurs perdent 2' à cause d'une importante chute à 25 km de l'arrivée. Pour 1 autre, VALVERDE a perdu 10 minutes sur crevaison alors que la course était lancée. Il y a 3 étapes où les écarts sont le fait de bordures. Pour ces 3 étapes, sur des TDF différents, il y a eu un gain de 1' pour 2 coureurs, un gain de 1' pour 4 coureurs et une perde de 1' pour 2 coureurs.

En résumé, sur 34 étapes de plaine, 5 coureurs des TOP 10 ont perdu des places à cause d'une chute, d'une crevaison ou d'une cassure à l'arrivée. 5 coureurs ont eu leur classement influencé par le vent et les bordures. C'est très très faible en comparaison au niveau de risque existant sur ces étapes.

Nouvelle génération de Gruppetto :

Sur mes étapes de plaine, seuls les points seraient mis en jeu. Les écarts de temps ne seraient pas pris en compte à l'arrivée. Seul l'attribution des bonifications modifierait les classements au temps, uniquement pour départager les sprinteurs pour l'attribution du Maillot Jaune lorsque les premiers jours leur sont réservés.

Comme pour les étapes avec du dénivelé, il y aurait vraisemblablement un gruppetto des coureurs qui ne sont pas intéressés par la course au points. Il lui faudrait simplement arriver dans les délais.

De nombreux avantages :

On peut s'attendre à plus de spectable dans de meilleures conditions pour les coureurs.

L'avantage le plus probant concerne la sécurité des coureurs. On peut imaginer qu'une large partie du peloton (environ la moitié) ne se mêlera pas à la course pour la victoire d'étape. Les arrivées seront moins rapides et moins massives, donc moins risquées.

On peut espérer un peu plus de suspens car les baroudeurs auront un peu plus de chance de relier l'arrivée avant le groupe des sprinteurs qui aura moins d'unités pour assurer la poursuite.

Les coureurs et les équipes jouant le classement général auront plus de fraîcheur pour les étapes décisives. On peut s'attendre à plus de mouvements, plus d'attaques, plus de défaillances, plus d'écarts.

Les étapes de plaine seraient alors relativement courtes, offrant l'opportunité d'augmenter la difficulté des étapes vallonnées et montagneuses. Celà donnerait plus de possibilité de dynamiter la course, de faire exploser une équipe...

Les spectateurs au bord de la route devraient également y trouver leur compte avec un peu plus de temps pour contempler les coureurs au moment du passage du gruppetto de plaine...

Les étapes avec du vent :

En cas de vent fort de travers, les bordures font leur apparition et éparpille le peloton en différents groupes.

En général, dans le groupe de tête, il y a toujours un sprinteur pour s'adjuger la victoire. Ces étapes ne dérogent donc pas à la règle.

En revanche, il est vrai que ces étapes peuvent être utilisées comme une opportunité pour certains coureurs de gagner du temps sur leurs concurrents. Mais sur 5 ans, il y a eu 3 ou 4 étapes, avec des écarts de l'ordre de la minute et n'impliquant que 2 à 4 coureurs.

En figeant le temps sur les étapes de plaine, l'opportunité de gagner du temps est réduite à néant. Par contre, l'intérêt d'une course de mouvement avec des bordures restera bien d'actualité. C'est en effet l'occasion pour les sprinteurs d'éliminer des adversaires en vue de l'arrivée. C'est également l'opportunité pour les grimpeurs de venir glaner des points pour le classement aux points sur un terrain de jeu qui n'est pas le leur.

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