dimanche 16 mars 2014

Ce Paris Nice 2014 a mis en valeur les acteurs et tenu en haleine les spectateurs

Voici quelqu'unes des recettes de ce beau Paris 2014 :

  • les boucles finales avec plusieurs passages
  • les sprints bonifications, notamment en cours d'étape, à des points clefs pour dynamiser la course (en bas d'une descente, après un sommet, etc)
  • l'absence de CLM
  • l'absence d'arrivée au sommet
Merci à ASO d'avoir testé ce type de parcours proposé en août 2012.

Une remarque concernant les coureurs tels que Richy Porte ou autres soi-disant "grands" coureurs du cyclime actuel qui ont déserté l'épreuve. Le problème vient à mon sens des managers d'équipe qui inscrivent leurs coureurs sur les épreuves en fonction des victoires et du classement général qu'ils peuvent espérer en vue de marquer un maximum de points UCI. Une victoire ou une place au classement général est beaucoup plus facile à obtenir sur une épreuve stéréotypée avec CLM et arrivée au sommet. Il n'y a que quelques prétendants... Une solution pour éviter cette dérive : réduire le nombre de points distribués sur les épreuves qui ont des CLM et des arrivées au sommet de cols HC ou de 1ère catégorie.

Sur Paris Nice 2014, grâce à l'absence d'étape permettant de creuser un écart rédibitoire, on a vu une course avec de l'envie, de la motivation, du panache. Chacun a essayé de prendre sa chance avec ses propres moyens. La course a été époustouflante. Pour gagner, il fallait savoir courir, se placer, produire l'effort au bon moment, etc.

Nibali et Astana ont été très bon. Le caractère de Nibali m'est apparu très intéressant, lui qui a plutôt le profil du rouleur grimpeur pouvant gagner les épreuves avec arrivée au sommet et CLM. Il s'est prété au jeu avec classe. Il a relevé le challenge avec brio, en étant toujours très offensif. Je crois qu'il a excellement couru. Sa tactique, tout comme celle de Sylvain Chavanel, en tant que rouleur était la bonne. Ils devaient se dévoiler en prenant des risques de loin.

Comme améliorer encore le spectacle ? Voici quelques réflexions supplémentaires.

J'ai aimé le fait que les puncheurs et les sprinteurs soient mis en concurrence pour le gain de l'épreuve. On a eu un match serré jusqu'à jeudi puis le parcours a naturellement tourné à l'avantage des puncheurs (5 étapes à leur avantage contre 3 à l'avantage des sprinteurs) le vendredi. On a vu les sprinteurs s'accrocher sur les épreuves difficiles, mais accessibles, pour viser une nouvelle victoire ou ravir le maillot jaune (John Degenkolb, Bryan Coquard, etc).

Classement par points :

Je pense qu'il faut tendre à l'équilibre pour maintenir cette lutte entre les profils de coureur jusqu'au dernier moment et éviter comme ce fût le cas, que certains sprinteurs comme Nacer Bouanni n'abandonnent en cours d'épreuve. Une solution, et je reste convaincu que c'est une réelle opportunité, est de proposer un classement par points. Celà permet de garder les sprinteurs dans la course. Pour éviter qu'ils ne s'économisent de trop, il pourrait y avoir une tolérance de quelques minutes à l'arrivée puis une pénalité en points négatifs. Tout simplement, par exemple, s'ils arrivent 1' après le vainqueur, on leur retire 1 point, 2', 2 points, etc.

Un autre avantage de ce classement par points est que certains leaders ne quitteraient pas la course prématurément ou ne prendraient pas de risques inconsidérés. Je pense évidemment à Gianni Meersman et à Geraint Thomas, mais également à Romain Bardet, Franck Schleck ou Simon Gerrans qui n'auraient pas été éliminés par la malchance et qui auraient pû dynamiter la course tout au long de la semaine.

Prologue :

Définitivement, je pense qu'un CLM (au moins 20 km) n'a pas sa place dans une épreuve à étapes. Seul le prologue permet de brouiller les cartes sans donner un avantage décisif. Un prologue d'une dizaine de km max permettrait en effet d'attirer quelques bons rouleurs dans l'épreuve en les incluant dans la course au maillot jaune dès les premiers jours. On pourrait d'ailleurs très bien imaginer avoir un prologue non pas en début d'épreuve mais en court d'épreuve.

Bonifications :

Je ne serais pas choqué de voir 10 sprints bonifications en cours d'étape au lieu de 2. Celà pourrait créer de nouveaux schémas tactiques. Il faut récompenser les baroudeurs, leur panache. Ce serait peut être l'opportunité pour des leaders rouleurs de prendre la poudre d'escampette tôt dans l'étape. On pourrait très bien imaginer un Vincenzo Nibali ou un Sylvain Chavanel, s'échapper et faire le forcing pendant 30 ou 40 km pour engranger des bonifications. Leur défit consistera alors à réussir à se maintenir dans le peloton lorsqu'ils seront repris. Peut-être leurs adversaires devront alors durcir la course pour essayer de les décramponner. Celà me semble également être une voie intéressante à explorer.

Dans le cas d'un classement par points, les sprints bonifications seraient des sprints pour le gain de points.

Personnellement, je suis surpris qu'un coureur comme Philippe Gilbert ne se soit pas présenté sur ce Paris Nice, ni Daniel Moreno, Daniel Martin, voir Cadel Evans.

Proposé à ASO le 16/03/2014.

Aucun commentaire: