vendredi 16 mars 2012

Le E-commerce, ce fléau

Ce qu'il faut retenir :

L'expérience du commerce permet de prendre conscience de la réalité économique de notre situation. Le consommateur ne connait plus la valeur des produits, le seul modèle économique viable est celui de la vente en masse, le seul magasin viable est virtuel, sur Internet. Ces quelques mots signifient que nous sommes dans un processus de destruction massive des emplois.

Nous vivons pour l'instant la fin de la phase initiale qui mène à la destruction quasi-totale des emplois de proximité.

La deuxième phase a déjà débuté.

Elle sera une compétition acharnée entre les sites Internet. Les sites installés ont pris tellement d'importance, qu'il n'y a plus de place pour que de nouvelles boutiques virtuelles puissent espérer participer à cette compétition. La "guerre" est sur le point de commencer. Des regroupements sont à prévoir à court terme. Cette dernière phase verra l'apparition de monopoles dans tous les secteurs d'activité, avec des sites Internet à leur tête.

On est mal barré !

Explications :

Concernant le marché du cycle, la marge théorique des détaillants est de l'ordre de 30 à 40%. Théorique car elle correspond à l'écart entre le prix d'achat du produit et le prix de vente au public conseillé par le fabricant. Or ce prix n'est jamais appliqué sur le marché. En effet, chaque détaillant est libre de pratiquer le prix de vente qu'il souhaite. Le prix étant devenu le facteur principale déclenchant l'acte d'achat, il est inéluctablement tiré vers le bas.

Internet a en ce sens bouleversé le fonctionnement des marchés en créant des avantages concurrentiels non contrôlés et lourds de conséquences, à plus ou moins court terme, pour la plupart des commerçants.

Un site Internet, ouvert 24/24, 7/7, peut générer des dizaines de milliers de visites par jour, alors qu'un commerçant ne recevra dans sa boutique jamais plus de quelques dizaines de clients. L'avantage lié au volume est considérable.

Lorsque le détaillant réalise une vente, le site Internet en réalise 10, 100, 1 000. Pour un panier lui coûtant 100 euros, le détaillant le vend 130 euros. Il gagne 30 euros. Il doit réaliser environ 600 ventes par mois pour espérer vivre de son activité. S'il le vend 120 euros, il devra réaliser 900 ventes. Pour vivre, le prix de vente de son panier dépend de son potentiel de vente qui est LOCAL (disons, un rayon de 10 km) ! En clair, le détaillant n'a d'autre choix que de maintenir son prix de vente à 130 euros. Le site Internet bénéficie d'un potentiel de vente national, au minimum.

Le site Internet peut proposer un prix de vente 20% moins cher sans prendre le moindre risque. D'une part, son volume de vente lui assure des ressources conséquentes. D'autre part, ses charges, plus faibles que celle d'une boutique de taille équivalente, n'entravent en aucun cas sa rentabilité. De plus, en proposant des tarifs plus attractifs, il récupère la clientèle de toutes les enseignes, y compris virtuelles qui ont un prix supérieur. La concurrence est asphyxiée.

Le potentiel de vente de notre détaillant se réduit comme neige au soleil. Seuls les rares fidèles consommateurs de proximité lui assureront un chiffre d'affaire. Mais il ne fait aucun doute que ses jours sont comptés.

Ce n'est pas fini ! Le système est encore plus vicieux ! En effet, les fabricants et distributeurs accentuent le déséquilibre en accordant des remises aux commerçants en fonction de leur volume de vente. L'effet de levier qui en résulte devient insoutenable !

Pour bien comprendre, imaginons que notre site Internet parvienne grâce à son volume de vente, à approvisionner son panier pour 90 euros au lieu de 100 euros. Il peut alors vendre ses produits sur le marché à 100 euros ! Prix coûtant pour le petit détaillant ! Cela signifie qu'il n'y a plus aucune concurrence possible. Il s'accapare le marché. Les autres enseignes n'ont quasiment plus aucune chance de vendre leurs produits. Le spectre du dépôt de bilan est de plus en plus présent !

C'est d'autant plus pervers que ce site Internet bénéficie d'une marge supérieure avec des prix inférieurs. C'est insupportable ! On peut imaginer avec réalisme que celui qui développe son volume sera le seul à subsister à terme.

C'est vrai pour le cycle. Pas seulement ! C'est la même chose concernant les voitures : des voitures à moins 40% achetées en quantité et revendues grâce à Internet. C'est la réalité. Tous les secteurs sont potentiellement touchés.

Le commerce électronique détruit nos emplois ! Le commerce de proximité devient impossible. On a pris l'habitude d'acheter les produits, sans s'en rendre compte, à leur prix coûtant. On est à la limite du système.

Internet est un média et devrait être utilisé comme un média pour véhiculer de l'information et non des transactions commerciales. Il devrait être une simple source d'information, gratuite (c'est-à-dire sponsorisée) ou payante, comme le sont la radio et la télévision.

On est dans un cas de concurrence déloyale. Les commerces de proximité n'ont aucune chance !

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