jeudi 10 août 2017

Un autre palmarès pour le TDF

Ceci n'est pas le classement officiel mais un classement remanié suivant les idées présentées sur ce "blog-essai". En gras, l'écart par rapport au classement officiel.

Vainqueur au temps (Maillot Jaune) :
2017 : FROOME
2016 : FROOME
2015 : QUINTANA
2014 : NIBALI
2013 : "FROOME"
2012 : WIGGINS

Vainqueur aux points (Maillot Vert) :
2017 : MATTHEWS
2016 : SAGAN
2015 : SAGAN
2014 : NIBALI
2013 : SAGAN
2012 : SAGAN

Meilleur sprinteur (Maillot Bleu) :
2017 : MATTHEWS
2016 : SAGAN
2015 : GREIPEL
2014 : SAGAN
2013 : CAVENDISH
2012 : SAGAN


TDF 2017 : FROOME vainqueur au temps

Ce classement au temps n'est pas officiel. Pour le définir, le temps sur les étapes de plaine n'est pas comptabilisé. En 2017, ce sont 9 étapes sur les 21 qui n'ont donc pas d'influence sur le classement général, près d'1 étape sur 2.


Rg Classement Tps Off Pos E2 E4 E6 E7 E10 E11 E16 E19 E21
1 FROOME 0 0 = 0 0 0 0 0 0 0 747 0
2 URAN 54 54 = 0 0 0 0 0 0 0 747 0
3 BARDET 140 140 = 0 0 0 0 0 0 0 747 0
4 LANDA 141 141 = 0 0 0 0 0 0 0 747 0
5 ARU 185 185 = 0 0 0 0 0 0 0 747 0
6 MARTIN D. 231 282 = 0 0 0 0 0 0 51 747 0
7 YATES 374 374 = 0 0 0 0 0 0 0 747 0
8 CONTADOR 436 529 -1 0 0 0 0 0 0 93 747 0
9 MEINTJES 449 500 1 0 0 0 0 0 0 51 747 0
10 BARGUIL 513 565 = 0 0 52 0 0 0 0 747 0
11 CARUSO 888 888 = 0 0 0 0 0 0 0 747 0
12 QUINTANA 928 928 = 0 0 0 0 0 0 0 747 0
13 VUILLERMOZ 1427 1478 = 0 0 0 0 0 0 51 747 0
14 NIEVE 1435 1528 = 0 0 0 0 0 0 93 747 0
15 BUCHMANN 1950 2001 = 0 0 0 0 0 0 51 747 0
16 FEILLU 2113 2206 = 0 0 0 0 0 0 93 747 0

Au niveau des bonifications, FROOME a gagné 16'', URAN 22'', BARDET 16''.

Avec 0'' de bonifications, LANDA perd la 3ème place au détriment de BARDET.

Le classement au temps (Pos) en retirant les 9 étapes de plaine est quasi identique au classement général officiel. Le TOP 5 est le même. Dans le TOP 10, il y a simplement un gain de position pour CONTADOR au détriment de MEINTJES. Ce changement est le fait de l'étape 16, venteuse, qui a vu des cassures dans le peloton dans le final de l'étape sous l'impulsion des SKY.

Sur ce TDF 2017, la proposition de limiter les étapes de plaine à une course aux points, sans enregistrer les écarts en temps, n'aurait une nouvelle fois absolument rien changé au TOP 5. En revanche, les conditions de sécurité auraient été très largement améliorées, les équipes jouant le classement au temps étant libérées de l'obligation de participer à l'emballage final pour éviter les cassures.

Il faut malgré tout souligner que cette année, les arrivées massives semblent moins avoir été mouvementées que les années précédentes. Pour ce TDF, il avait été décidé de gommer les cassures inférieures à 3'' contre 1'' auparavant. Cette action a semble-t-il porté ses fruits pour le bien et la santé des coureurs.

TDF 2017 : MATTHEWS vainqueur aux points

Pour ce classement, seuls les points attribués à l'arrivée aux 15 premiers comptent. Pour chaque étape, quelque soit le profil, le nombre de points gagnés reste le même. Pour le TOP 3, c'est 50, 35 et 25 points à distribuer.


Rg Classement 1er TOP3 TOP15 Pts Off Ecart Opp Eff
1 MATTHEWS 2 4 10 227 370 = 13 35%
2 BOASSON HAGEN 1 6 10 220 220 -1 13 34%
3 FROOME 0 4 11 189 133 -5 8 47%
4 URAN 1 3 9 186 106 -5 10 37%
5 BARGUIL 2 3 6 175 100 -6 6 58%
6 GROENEWEGEN 1 3 6 160 144 -1 9 36%
7 BARDET 1 2 8 149 94 -7 6 50%
8 MARTIN D. 0 2 9 143 106 -2 10 29%
9 GREIPEL 0 4 7 138 234 7 9 31%
10 ARU 1 2 7 130 87 -6 6 43%
11 KRISTOFF 0 1 7 116 174 7 9 26%
12 BOUHANNI 0 0 7 110 96 -1 8 28%
13 DEGENKOLB 0 2 5 89 79 -5 9 20%

* Off = Classement officiel
* Ecart = Différence entre ce classement et le classement officiel
* Opp = Opportunités de victoire d'étape
* Eff = Efficacité du coureur

Faveur des étapes :
  1. Grimpeurs : 6 étapes dont 3 arrivées au sommet
  2. Rouleurs : 2
  3. Puncheurs : 4 dont dont 3 arrivées en cote
  4. Sprinteurs : 9
Le classement aux points n'a jamais été aussi serré ! La différence entre les 5 premiers est de 52 points, 1 victoire d'étape ! La décision finale s'est clairement faite sur la ligne d'arrivée à PARIS lors de l'ultime étape de ce Tour.

On notera une efficacité très homogène entre les coureurs. Le TOP10 est constitué de coureurs qui ne se loupent pas lorsqu'une occasion de présente. Au minimum, ils mettent au fond 1 fois sur 3. C'est remarquable.

Le plus efficace a été BARGUIL, en outre, meilleur grimpeur de ce TDF. Il a été présent sur les 6 étapes de montagne où il pouvait espérer briller. Sur les 6, il en a gagné 2 et a obtenu une 2ème place qui avait un goût de victoire tant il est passé près. Avec les 15 points de plus à la clé, il serait 3ème de ce classement. Il est le coureur le plus haut dans le classement avec le nombre d'opportunités le plus faible. BARGUIL signe par ailleurs la meilleure performance d'un Français dans ce classement depuis 2012.

BOASSON HAGEN a lui été à quelques millimètres de remporter ce classement. Par 2 fois, il échoue à la 2ème place derrière KITTEL et MATTHEWS. Par 2 fois, il faudra la photo finish pour désigner avec certitude le vainqueur. Second du classement final, il est par ailleurs le coureur ayant réalisé le plus de TOP3 sur ce Tour.

MATTHEWS tient ce Maillot Vert grâce à une régularité au niveau des meilleurs et à ses 2 victoires d'étape, le meilleur score pour un coureur à Paris, score qu'il partage avec BARGUIL, son co-équipier.

On notera qu'il est somme toute logique de trouver MATTHEWS et BOASSON HAGEN aux 2 premières places car ce sont les 2 coureurs ayant eu le plus d'opportunités de l'emporter.

MATTHEWS, ou BOASSON HAGEN, s'il avait été le lauréat de ce classement, sont les dignes héritiers de SAGAN. Ce sont 3 coureurs qui ont un profil similaire de sprinteur puncheur.

FROOME, une nouvelle fois, tire remarquablement bien son épingle du jeu. Sans victoire, il parvient à compléter le podium. Comme à son habitude, il est le coureur ayant été le plus souvent dans le TOP15.

Les sprinteurs auraient dû être à la fête sur ce TDF avec la part du lion à se départager : 9 étapes de plaine... Mais ils sont tombés sur un os... KITTEL en a raflé 5, DEMARE en a gagné 1 puis ont abandonné, laissant des miettes aux rescapés... Depuis 2012, il y avait toujours un sprinteur sur le podium de ce classement. En 2017, le premier sprinteur n'est que 6ème : GROENEWEGEN. Il sauve les meubles in extremis lors de la dernière étape. Sans ce bouquet, le premier sprinteur serait 8ème au mieux. Sans victoire, les GREIPEL et KRISTOFF ont dégringolé de 7 places par rapport au classement officiel du Maillot Vert. La raison est que d'une part seuls les points attribués aux arrivées sont comptabilisés, d'autre part, le nombre de points est identique quelque soit le profil de l'étape.

Dans ce classement, il manque évidemment quelques grosses pointures : KITTEL, DEMARE, SAGAN, CAVENDISH, FUGLSANG, MAJKA, PORTE, THOMAS et VALVERDE ! Ces nombreux prétendants à un podium pour ce classement aux points n'ont pu atteindre PARIS...

KITTEL, avec 5 succès, était déjà à 263 points quand il a abandonné. Il restait alors 2 étapes de plaine à disputer. Ce classement ne lui aurait très certainement pas échappé.

DEMARE, très en verve sur la première semaine, aurait certainement amélioré la performance française. Avec plus d'opportunités que BARGUIL et déjà 1 victoire, 2 secondes places au compteur en seulement 4 étapes, 142 points de marqués, il pouvait raisonnablement viser un podium.

SAGAN, vainqueur de 4 classements aux points sur 5 éditions depuis 2012 et vainqueur sortant était attendu pour un nouveau sacre et se rapprocher un peu plus du record de ZABEL concernant le nombre de Maillot Vert officiel à PARIS. Il n'a eu que 2 étapes pour s'exprimer. Il a gagné l'étape de Longwy, répondant présent là où il était attendu. A priori en forme, on pouvait compter sur lui pour jouer la victoire de ce classement.

Les CAVENDISH et PORTE auraient certainement atteint le TOP5. Les THOMAS, MAJKA et FUGLSANG seraient probablement dans le TOP10.

Et que dire de VALVERDE pour qui ce TDF 2017 semblait tracé... On peut imaginer qu'il aurait été l'un des prétendants à la victoire du Tour de France aux points, en lutte avec KITTEL et SAGAN.

TDF 2017 : MATTHEWS meilleur sprinteur

Ce classement du meilleur sprinteur se définit à l'arrivée des étapes de plaine uniquement et lors du sprint intermédiaire de chaque étape. Le barème de points est le même que celui actuellement en vigueur sur le TDF ; jusqu'à 50 points aux arrivées et jusqu'à 20 points sur le sprint en cours d'étape.

Ce classement est nouveau car il n'existe pas actuellement. En effet, le Maillot Vert désigne le vainqueur du TDF aux points. Voici donc un nouveau maillot distinctif : le Maillot Bleu du meilleur sprinteur.

En 2017, il y a 9 étapes de plaine, c'est la tendance haute. Voici le classement sur ce TDF.


Rg Classement 1er 2ème 3ème Pts S Pts i Tot Ecart
1 MATTHEWS 1 1 0 219 128 347 =
2 GREIPEL 0 1 3 216 41 257 =
3 BOASSON HAGEN 1 2 2 197 20 217 =
4 KRISTOFF 0 1 0 169 16 185 =
5 GROENEWEGEN 1 1 1 160 0 160 -2
6 COLBRELLI 0 0 0 97 59 156 1
7 DE GENDT 0 0 0 50 101 151 1

* Pts S = Points gagnés sur les étapes de plaine
* Pts i = Points gagnés sur les sprints intermédiaires des étapes avec du relief
* Ecart = Différence entre ce classement et le classement du Maillot Vert officiel.

Toutes les étapes de plaine se sont terminées au sprint, comme chaque année depuis 2012 au moins.

Dans ce classement, il manque KITTEL et ses 5 succès d'étape. Avec 365 points à l'aube de la 3ème semaine, il occuperait la 1ère place et serait certain d'être le meilleur sprinteur de ce TDF. Sa suprématie n'aurait souffert d'aucun doute tant il a surclassé la concurrence de la tête et des épaules.

D'autres prétendants au podium manquent à l'appel. DEMARE, malade, a dû abandonné prématurément alors qu'il semblait être le seul à pouvoir titiller KITTEL. Avec 1 victoire et 2 secondes places en 4 étapes, il pouvait espérer un excellent classement à PARIS.

SAGAN, champion du monde en titre, 3 fois meilleur sprinteur durant les 5 dernières éditions et lauréat sortant n'a pas pu défendre ses chances, exclu de la course par les commissaires qui ont jugé son comportement comme étant dangereux lors de la 4ème étape remportée par DEMARE.

CAVENDISH, 30 victoires d'étape sur le TDF, restera à 4 longueurs du record de MERCKX, suite à son abandon sur blessure lors de cette même étape et pour laquelle il est à l'origine de la disqualification de SAGAN.

MATTHEWS assure sa victoire dans ce classement grâce à sa compétition avec KITTEL dans la quête du Maillot Vert. Il a pris part à de nombreuses échappées où il a pu faire le plein de points.
Sur les étapes de plaine, il a fait jeu égal avec GREIPEL. Sa statut de numéro 1 est malgré tout cohérent avec le fait qu'il ait gagné 1 de ces 9 étapes, contrairement à l'Allemand.

On peut toutefois remarquer que GREIPEL tire remarquablement les marrons du feu et décroche une remarquable 2ème place. Il est en effet devant BOASSON HAGEN et GROENEWEGEN alors que ces 2 coureurs ont obtenu de meilleurs résultats aux arrivées de ces 9 étapes. La différence avec BOASSON HAGEN s'est faite sur les sprints intermédiaires des étapes de plaine. Certainement BOASSON HAGEN se désintéressait du Maillot Vert alors que GREIPEL voulait en être acteur. GROENEWEGEN, s'est quant à lui mêlé uniquement aux sprints d'arrivée. Jeune coureur, il voulait certainement ne pas hypothéquer ses chances de victoire en lâchant de l'énergie en cours de route. Sa stratégie a été payante car il est le lauréat de la mythique étape des Champs Elysées.

On peut aussi noter le bon positionnement d'un autre jeune sprinteur, COLBRELLI, 6ème. La stratégie de ce coureur était opposée à celle de GROENEWEGEN. Il a marqué la plupart de ses points lors des sprints intermédiaires. Il a été quasi inexistant sur les sprints pour la victoire d'étape.

2 sprinteurs ont été particulièrement décevants : DEGENKOLB et BOUHANNI. On peut imaginer que le premier a souffert de sa grosse chute de l'étape 4 impliquant CAVENDISH. BOUHANNI a été incapable de rivaliser alors qu'il a déjà démontré pouvoir rivaliser au plus haut niveau. Il semble ne pas parvenir à retrouver son meilleur niveau suite à sa chute de fin avril.

Enfin, le premier baroudeur, DE GENDT comme en 2015 et en 2016, figure au 7ème rang.

dimanche 7 août 2016

Les capteurs de puissance n'aiment pas les changements de rythme

Le moindre vent, le moindre changement de pente, le moindre abri fait varier la puissance nécessaire pour maintenir la vitesse de progression.

Sur un long col régulier, il est ainsi plus aisé de maintenir un rythme, un niveau de puissance, relativement constant.

Les parcours qui font la part belle à ces cols favorisent ainsi le dessein des équipes les plus fortes qui peuvent imposer un rythme élevé pour réduire le risque d'être attaquées. Les capteurs de puissance sont pour elles d'une aide précieuse.

L'effet que l'on peut craindre est que les étapes de montagne ne livrent plus qu'un spectacle pour la victoire d'étape, pour peu que des écarts soient déjà existants afin de favoriser les échappées. Dans le groupe des favoris, on observera plus une course d'usure, plus fade, qui aura pour effet maximum l'élimination de 2 ou 3 concurrents par l'arrière en cas de défaillance.

Le talon d'Achille des capteurs de puissance est la course de mouvement durant laquelle il n'y a pas la possibilité à un rythme de s'installer. Le terrain de jeu doit permettre les relances, doit être le plus changeant possible avec la multiplication de cotes courtes (moins de 10 minutes d'ascension) plutôt que des longs cols réguliers, ou des circuits avec de nombreux virages nécessitant d'usantes relances.

La décision à la pédale provient soit de la puissance brute (CLM), soit du rapport poids-puissance (haute montagne), soit de la "caisse" du coureur (capacité à encaisser la répétition des hautes intensités).

A l'inverse des courses par étapes qui font généralement le jeu des coureurs de CLM ou des purs grimpeurs, les classiques sont beaucoup plus axées sur les capacités d'endurance et de résistance des coureurs.

Les Ardennaises et plus particulièrement Liège Bastonne Liège, les Flandriennes, notamment le Tour des Flandres, la Classica San Sebastian avec leur enchaînements de monts et de cotes, les GP de Quebec et Montréal qui sont des circuits exigeants donnent clairement la ligne directrice des courses de mouvement, impossible à contrôler par une équipe, avec au final, une décision à la pédale et un beau vainqueur.